Le Taubergiessen

Descriptif
A proximité de Rhinau - Kappel (RFA) le Taubergiessen est considéré en RFA comme l'un des derniers "Paradis" en Europe. Il est surtout connus pour sa faune (oiseaux) et sa flore typiquement rhénane (prés et forêts).

Randonnée 
Départ : en arrivant en Allemagne depuis le bac de Rhinau, stationner tout de suite après l'ancien poste de douane. Emprunter la digue vers le sud. Le sentier est balisé par une orchidée

Variante : Parking Saukopfbrücke. Après avoir passé la frontière avec le bac de Rhinau, la route fait une longue ligne droite d'environ 500 m. Au bout de cette ligne prendre à droite balisage "Waldparkplatz".

Descriptif  depuis le parking de la Saukopfbrucke (voir plan de la rando-points jaunes) :
Laisser la voiture sur le parking (dans une clairière) et suivre le sentier qui part vers l'ouest. Après 5 mn on arrive à la Saukopfbrücke. Passer le pont et aller tout droit par les prés jusqu'à une digue que vous suivrez vers le Nord. Quittez la digue par le premier chemin qui descend à gauche et aller jusqu'au pont au Herrenkopf (aller-retour). Retourner sur vos pas et franchir la digue. Prendre le chemin qui part vers l'Est, puis le prochaine bifurcation à droite. Passez devant le "Blaue Loch" (résurgeance phréatique), prendre la branche de gauche du chemin en Y qui nous ramène à la Saukopfbrücke puis au parking.

Distance : 8 km

Durée : 2 h 30  à 3 h (niveau facile)

Conseils : Le secteur est beau toute l'année et chaque saison a son intérêt. Mais le mieux c'est d'y aller entre mi-mai et mi-juin afin de profiter des prés en fleurs, une vraie symphonie. Ne pas oublier d'emmener les jumelles et les guides d'identification de la faune et de la flore. Beaucoup de monde le dimanche après midi dans les prés.

Intérêts : faune, flore et paysage.

Carte : les renseignements avec le plan fourni et un bon sens de l'orientation suffisent

Diaporama

Téléchargement du plan complet du Taubergiessen avec d'autres randonnées

Attention : le sentier des ciormorans n'est plus praticable.



" TAUBERGIESSEN "
La réserve naturelle du "Taubergiessen" est, avec ses 1600 hectares d'un seul tenant, l'un des derniers vestige du paysage Rhénan. Il s'agit d'un site protégé particulièrement beau, d'une grande importance pour les scientifiques, dans lequel l'on peut trouver de nombreuses plantes et animaux rares. Pour ces raisons, l'endroit est classé en réserve naturelle. L’accès aux visiteurs est autorisé à condition de respecter les consignes suivantes, nécessaires afin de ne pas perturber l'équilibre écologique  du milieu.


HISTORIQUE
Lors de l’une des ses plus importantes crues, en l’an 1541, le Rhin se déporta vers le village de Kappel, la commune allemande d’en face, élargissant le territoire de Rhinau de près de 1000 ha, d’un seul coup. Cette situation provoqua, pendant des centaines d’années, des frictions et des complications administratives entre le France et l’Allemagne avant qu’une solution des plus convenables soit trouvée.

De 1955 à 1979, le village de Rhinau connaît des difficultés dans l’exploitation de ses 997 ha de prés, champs, forêts et cours d’eau qu’il possède sur la rive droite du Rhin, et entériné depuis 1542, par écrit, puis confirmé par le traité de Westphalie en 1648. A partir de 1979, suite au classement en réserve naturelle par les autorités allemandes, c’est la «guerre» déclarée entre Rhinau, se référant au traité franco - allemand du 14 août 1925 et les autorités et écologistes allemands qui voudraient l’application stricte du Naturschutz du Taubergiessen. Aucune entente ne s’étant avérée possible, c’est finalement grâce à la compréhension et à l’autorité du ministre de l’agriculture et de l’environnement du Bade - Würtenburg, Mr Weiser, que de très importantes et sérieuses décisions furent prises le 27 février 1982. De nombreuses réunion sur le terrain, la concertation et le travail du conseil municipal de Rhinau aboutirent, le 2 décembre 1982, à l’approbation du contenu de deux contrat - conventions à signer avec le Land de Bade - Würtenburg. Ce qui fut fait le mercredi 22 décembre 1982 pour une duré de 99 ans. Sans rentrer dans les détails techniques fastidieux des conventions, il faut savoir que les prairies (11,61 ha) sont soumises à protection totale, l’apport d’engrais réglementé, les fenaisons limitées. Pour ces contraintes d’exploitation, des indemnités révisables sont prévues. Pour les forêts un classement en trois catégories est prévus. D’abord une réserve intégrale (Bannwald) de 102,8 ha. Dans ce secteur la forêt restera à l’état sauvage, d’où un laboratoire naturel à ciel ouvert suivi par les scientifiques. Ensuite sur près de 119 ha, une forêt de protection (Schönwald) soumis à une sylviculture fine  maintien de la diversité des espèces indigènes, préservation de galerie boisée le long des « giessen » et en ce qui concerne le mode de repeuplement, la régénération naturelle doit faire ici son oeuvre au maximum, favorisant les essences typiques des forêts rhénanes. Le reste du massif est une forêt d’exploitation, aucune disposition spéciale n’est prévue, sauf que les plans d’aménagements seront discutés en collaboration avec les services forestiers allemands et que les coupes rases y sont proscrites. Pour compenser les préjudices ainsi subis, la commune de Rhinau touche annuellement 100 000 Francs (chiffre avancé en 1982), les communes de Kappel, de Rust et de Wittenweiler, qui se partagent le reste de la partie boisée, percevant chacune 250 DM par ha et par an.
Il y a lieu d’ajouter qu’il n’a guère été touché au droit de chasse (payé cher par le comte de Beaumont) et que la pêche sportive a été maintenue à 80%. Il est cependant prévu qu’elle soit interdite à partir de 1987 dans les eaux phréatiques du Blauloch et du Grünloch, ce qui se soldera par une nouvelle indemnité pour la commune de Rhinau.
Si la génération actuelle n’est pas à même de reconnaître le bien - fondé de ces accords, les générations futures, des deux côtés du Rhin, apprécieront sûrement à leur juste valeur les combats livrés, les signatures apposées et l’héritage sublime à découvrir et à protéger.


LE SITE

Paysage riedien  où alternent prés très secs, prairies de fauche, sources phréatiques ourlées de roseaux, giessen et giboyeux bosquets.

Flore : 700 espèces de plantes, dont 104 menacées ont été recensées.

Le secteur doit son état actuel en partie à l'action de l'homme. Là où le visiteur chemine sur des sentiers secs, traversant des prairies, se trouvaient jadis (il y à 150 ans) le lit majeur du Rhin avec des forêts, des bancs de gravier et de sable et des cours d'eau. Des inondations envahissaient la zone plusieurs fois dans l'année et la paysage était transformé en permanence.

Depuis le Rhin à été modifié par l'homme. La géographie actuelle des cours d'eau est née de cette transformation. Une partie des terres qui ne sont plus inondables a été transformé en terres agricoles et en prés. Entre la digue et le cours actuel du Rhin il y a presque exclusivement de la forêt, encore inondables lors des grandes crues. Mais ces inondations ne transforment plus le paysage, ni le cheminement des cours d'eau .

Très récemment il y a encore eu des transformations dans le secteur. Une forêt fantomatique, parce que partiellement inondée, est née suite à l’aménagement du Rhin, ainsi qu’un plan d’eau de 60 ha où les oiseaux d’eau, notamment quelques centaines de grands cormorans, hivernent par milliers.

En résumé, nous avons à faire à un paysage relativement jeune occupant l’ancien lit majeur du Rhin.


LES COURS D'EAU

Ce sont les cours d'eau qui apportent à la réserve du "Taubergiessen" son charme particulier. A côté de grandes étendues d'eau et d'anciens bras morts du Rhin, il faut particulièrement remarquer les "Giessen" (auxquels le secteur doit d'ailleurs son nom). Les "Giessen" sont des résurgences d'eau, alimentés par de l'eau souterraine qui, sur son chemin, a été filtrée par d'énormes couches souterraines de graviers et de sable. L'eau resurgit à la surface en sources claires et pauvres en substances nutritives.

Ces cours d'eau et leurs berges créent un biotope, particulièrement vital pour les oiseaux que l'on peut y rencontrer toute l'année. Des espèces rares nichent dans le secteur et y élèvent leur progéniture. D'autres, pendant les migrations de printemps et d'automne, y trouvent en endroit pour se nourrir et se reposer. D'autres encore viennent y passer l'hiver.

Les oiseaux sont en général perturbés par la présence de l'homme. C'est pourquoi il ne faut pas quitter les chemins, particulièrement pour  longer les cours d'eau .

En dehors d'un tronçon, repéré sur la carte et long de 15 km où le bateau (sans moteur) est autorisé, la navigation est interdite.


LA FORET

Il y a deux types de forêts naturelles sur le site :

- LA FORET INONDABLE. Forêt à bois tendre peuplée de saules blancs et de peupliers indigènes. Elle se trouve dans les cuvettes ou bas-fond (GRÜNDE), fréquemment inondables ainsi que près des cours d'eau et le long des rives des cours d'eau.
- L'ORMAIE CHENAIE, forêt non inondable, à bois dur c'est à dire peuplée de chênes et d'ormes, sur les levées de terre ou têtes (KÖPFE).


LES PRES

12 ha de prés sont soumis à protection. Ces prés du "Taubergiessen" sont particulièrement colorés et beaux à voir au printemps (mi - mai à mi - juin). Le tapis végétal est composé de multiples plantes rares et attire de nombreux insectes pollinisateurs. Cette végétation très variée témoigne d'une faible exploitation par l'homme de ces prairies.

Il s'agit de prairies sèches ou prés graveleux (mesobrometum rhenanum décrit par le botaniste colmarien Issler) liées à la présence de graviers sous - jacents permettant à l'eau de s'évacuer rapidement. Plus on va vers le Sud plus les prés s'assèchent. Ces prés ne doivent être fauchées qu’après la floraison des orchidées (22 espèces ici!), c’est à dire, suivant le cas, après le 1er juillet ou le 15 août, mais obligatoirement chaque année pour que ces parcelles ne subissent pas la concurrence des plantes fourragères des prairies grasses voisines et ne soient pas envahies par la broussaille.

L'interdiction de pénétrer dans les prés, même pour photographier des plantes, doit être strictement respectée, faute de quoi le tapis végétal serait très rapidement endommagé. De toute manière, les plantes pouvant être observées le long des chemins et des digues ont de quoi satisfaire les plus difficiles.